Le cheval
Un petit trot
Suivi,d'un petit galop,
Voici l'allure des chevaux
Brouter,
Manger,
Voilà la paix dans le pré
Et, hop sur le dos
Pour y voir un peu plus haut!
De nos amis les chevaux
Hannequart Margot et Justine Moreaux
Le cheval
Un petit trot
Suivi,d'un petit galop,
Voici l'allure des chevaux
Brouter,
Manger,
Voilà la paix dans le pré
Et, hop sur le dos
Pour y voir un peu plus haut!
De nos amis les chevaux
Hannequart Margot et Justine Moreaux
Les papillons
De toutes les belles choses
Qui vous manquent en hiver,
Qu'aimez-vous mieux ?
- Moi, les roses;
- Moi, l'aspect d'un beau pré vert;
- Moi, la moisson blondissante,
Chevelure des sillons;
- Moi, le rossignol qui chante;
- Et moi, les beaux papillons.
Le papillon, fleur sans tige
Qui voltige,
Que l'on cueille en un réseau;
Dans la nature infinie,
Harmonie
Entre la plante et l'oiseau.
Gérard de Nerval
L'ours
Le grand ours est dans sa cage,
Il s'y régale de miel.
La Grande Ourse est dans le ciel,
Au pays bleu des orages.
Bisque ! Bisque ! Bisque ! Rage !
Tu n'auras pour tout potage
Qu'un balai pour ton ménage,
Une gifle pour tes gages
Et un singe en mariage.
Robert Desnos
Un vieux lapin
Ce vieux, poilu comme un lapin,
Qui s'en va mendiant son pain,
Clopin-clopant, clopant-clopin,
Où va-t-il ? D'où vient-il ? Qu'importe !
Suivant le hasard qui l'emporte
Il chemine de porte en porte.
Un pied nu, l'autre sans soulier,
Sur son bâton de cornouiller,
Il fait plus de pas qu'un roulier.
Il dévore en rêvant les lieues
Sur les routes à longues queues
Qui vont vers les collines bleues,
Là-bas, là-bas, dans ce lointain
Qui recule chaque matin
Et qui, le soir, n'est pas atteint.
Jean Richepin
Les mois de l’année
Janvier pour dire à l’année « bonjour »
Février pour dire à la neige « il faut fondre »
Mars pour dire à l’oiseau migrateur « reviens »
Avril pour dire à la fleur « ouvre - toi »
Mai pour dire « ouvriers, nos amis »
Juin pour dire à la mer « emporte - nous très loin »
Juillet pour dire au soleil « c’est ta saison »
Août pour dire : « l’homme est heureux d’être l’homme »
Septembre pour dire au blé « change - toi en or »
Octobre pour dire « camarades, la liberté »
Novembre pour dire aux arbres « déshabillez - vous »
Décembre pour dire à l’année « adieu, bonne chance »
Et douze mois de plus par an
Mon fils
Pour te dire que je t’aime.
Alain Bosquet
La Pendule
Je suis la pendule, tic !
Je suis la pendule, tac !
On dirait que je mastique
Du mastic et des moustiques
Quand je sonne et quand je craque,
Je suis la pendule, tic !
Je suis la pendule, tac !
J'avance ou bien je recule,
Tic-tac, je suis la pendule,
Je brille quand on m'astique,
Je ne suis pas fantastique,
Mais je sais l'arithmétique,
J'ai plus d'un tour dans mon sac,
Je suis la pendule, tic!
Je suis la pendule, tac!
Pierre Gamarra
L 'île des rêves
Il a mis le veston du père,
Les chaussures de la maman
Et le pantalon du grand frère
Il nage dans ses vêtements.
Il nage, il nage à perdre haleine.
Il croise des poissons volants,
Des thons, des dauphins, des baleines...
Que de monde, dans l'océan!
Écume blanche et coquillages,
Il nage depuis si longtemps
Qu'il aborde enfin au rivage
Du pays des rêves d'enfants.
Jacques CHARPENTREAU
Le village dort
Le village dort,
Dans sa coquille,
Un coin de terre
Au fond de l'oeil.
Trois grands arbres lui font
La vie bien douce,
Et les jours passent, colimaçons,
Au tintement des sources.
Le village dort
Et un marchand de sable
S'éloigne vers la rivière
Où est son lit.
Christian Da Silva
La petite maisson
Sur le versant de la montagne,
A mi-hauteur, on aperçoit
Une petite maison toute seule.
D'ici, elle semble accrochée
A un pan de muraille nue,
Et le soir, on voit sa lumière
Agoniser sous le poids de la nuit.
- Ah ! comment peut-on vivre là ?
T'exclames-tu en frissonnant.
Moi, je ne connais pas l'endroit
Mais je sais bien que la montagne
N'a pas, pour qui gravit ses pentes,
Ce visage fermé qu'on voit de loin.
Moi, je sais bien qu'elle est vêtue
De fenouil, de myrte et de menthe,
De romarin, de lavande et de thym ;
Et que sa cime se recule
A mesure qu'on va vers elle
Et que son flanc parfois se creuse
Offrant un sûr et calme asile.
Je sais qu'il y a un mûrier,
Des amandiers, des pins, des chênes,
Un tapis d'herbe et deux chevrettes
Derrière la petite maison.
Et devant elle, une terrasse
Avec son banc et sa table de pierre
Où des gens, après leur travail,
Dans l'air doré du crépuscule,
Boivent frais le vin de leur vigne.
Charles Vildrac
Le buffet
C'est un large buffet sculpté : le chêne sombre,
Très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens.
Ce buffet est ouvert et verse dans son ombre,
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants.
Tout plein : c'est un fouillis de vieilles vieilleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes et d'enfants, de dentelles flétries,
De fichus de grand-mère où sont peints des griffons
C'est là qu'on trouverait les médaillons, les mèches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sèches
Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.
O buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires !
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s'ouvrent lentement tes grandes portes noires.
Arthur Rimbaud